Les Ecrins l’été : le Glacier Noir

Cette fois-ci on nous allons suivre cette longue ligne droite partant sur la gauche entre 2 énormes massifs.

Glacier-blanc glacier-noir Pré-de-Mme-Carle

Glacier blanc, glacier noir, Pré de Mme Carle // Assemblage de 8 photos Canon 6D : ISO 100, focale 58mm, ouverture f/8, obturation 1/400

Le glacier noir est aussi simple à trouver que le glacier blanc vu précédemment : il suffit de tourner à gauche au lieu de partir à droite à la croisée des chemins. La carte IGN est toujours la même (série TOP25 est la 3436ET), et c’est fléché.

On emprunte un sentier qui se transforme très rapidement pour suivre une crête très étroite par endroit, sur le fil du rasoir donc. Et pour cause, on marche sur la moraine latérale consolidée du glacier : celle-ci évolue donc au gré des mouvements du glacier et son profil se modifie pour cause d’érosion.

Un petit regard en arrière au début du chemin. Au fond on distingue la trace menant au glacier blanc.

Vers le glacier noir

Vers le glacier noir // Canon M3 : ISO 100, focale 11mm, ouverture f/8, obturation 1/800

C’est magnifique, mais si vous avez peur du vide, évitez.

Vers le glacier noir

Vers le glacier noir // Canon M3 : ISO 100, focale 11mm, ouverture f/8, obturation 1/800

Ci-dessus, à ma droite, le ravin de l’Encoula 10 à 20 mètres plus bas. A ma gauche, le glacier noir parfois 30 à 40m plus bas à certains endroits : ne pas tomber donc.

Comme si ça ne suffisait pas, il y a de magnifiques cônes d’éboulis comme celui-ci, où la base à 2100m et trouve son origine à 3000m d’altitude environ.

éboulis dans ravin de l'Encoula

éboulis dans ravin de l’Encoula // Canon 6D : ISO 100, focale 24mm, ouverture f/8, obturation 1/500

Et oui, le point blanc à gauche est un parapentiste qui s’est amusé, ce jour là, à flirter avec la barre des Ecrins.

C’est monotone, en ligne droite, on n’en voit pas la fin, laquelle est brutale, barrée par des montagnes élevées.

Fin de la moraine du glacier noir

Fin de la moraine du glacier noir // Canon 6D : ISO 100, focale 24mm, ouverture f/7.1, obturation 1/800

Sur la photo ci-dessus, je crois bien que le grand coup d’épée sur la droite correspond au col des Avalanches (3499m d’altitude)… De toute façon il n’y a rien à moins de 3000m par là, autant regarder le paysage. Une fois au bout de cette moraine pensez à regarder vers la gauche.

Glacier noir

Glacier noir // Canon 6D : ISO 100, focale 28mm, ouverture f/7.1, obturation 1/800

Le promeneur non averti qui sera arrivé à quelques 2400 m d’altitude, aura une envie forte de descendre la moraine pour aller voir la cascade de plus près…

Glacier noir

Glacier noir // Canon 6D : ISO 100, focale 180mm, ouverture f/7.1, obturation 1/500

C’est là le piège de ce glacier : on ne le voit pas, il est pourtant devant vous…

Glacier noir

Glacier noir // Canon 6D : ISO 100, focale 180mm, ouverture f/9, obturation 1/400

… 20 à 30 cm dessous la moraine. Et il continue même derrière la cascade… Tout ce minéral sombre a donné le nom au glacier, à moins qu’il ne s’agisse de ses pièges situés sous ces rocs, autant de puits cachés, de failles masquées et donc d’accidents potentiels.

Encore heureux, il reste tout un tas de petits glaciers, sur la face ouest du Mont Pelvoux, qui permettent de s’en mettre plein les yeux.

Glaciers

Glaciers // Canon 6D : ISO 100, focale 84mm, ouverture f/7.1, obturation 1/1000

Après avoir dépeint un portrait sombre de ce  Mordor minéral et glacé, on va passer au vivant, nettement plus joyeux.

Pour se faire, il suffit de se retourner et d’admirer.

Glacier noir

Glacier noir // Assemblage de 9 photos Canon 6D : ISO 100, focale 180mm, ouverture f/8, obturation 1/640

On se doute bien de quel côté il va falloir regarder pour trouver des animaux, et, il faut tout redescendre!

Mais avant, petit hommage à une courageuse qui, à plus de 2400m d’altitude sur une moraine, dépasse tout le monde en taille :

Sous réserve : épervière laineuse

Sous réserve : épervière laineuse // Canon 6D : ISO 100, focale 180mm, ouverture f/7.1, obturation 1/400

Je penche pour une épervière laineuse (Hieracium tomentosum, Asteraceae) sans pouvoir le certifier.

Et une autre survivante, prise un peu plus bas : la Scutellaire des Alpes (Scutellaria alpina, lamiaceae) et ses fleurs d’un bleu violacé, panachées de blanc est remarquable elle aussi.

Scutellaire des Alpes

Scutellaire des Alpes // Canon 6D : ISO 100, focale 180mm, ouverture f/7.1, obturation 1/500

Si vous venez tôt, vous pourrez rencontrer les deux types de mammifères du coin : la marmotte, qui, avec aussi peu d ‘espace, lance les cris d’alarmes, se cache vite… Et refuse même les interviews.

Quant au chamois, ils sont régulièrement au rendez-vous… Mais souvent loin…

Chamois

Chamois // Canon 6D : ISO 100, focale 180mm, ouverture f/5, obturation 1/1600

Une année pourtant, un chamois vraiment pas stressé…

Chamois

Chamois // Canon 6D : ISO 100, focale 180mm, ouverture f/8, obturation 1/400

… M’avait permis de tester mes talents d’approche (parce qu’il le voulait bien) et, malgré un équipement pas du tout adapté, m’avait laissé approché…

Chamois

Chamois // Canon 6D : ISO 100, focale 180mm, ouverture f/4.5, obturation 1/1600

Enfin pas trop mais quand même. Il avait même laissé un message très clair en regardant droit dans ma direction…

Chamois

Chamois // Canon 6D : ISO 100, focale 180mm, ouverture f/4.5, obturation 1/3200

Côté oiseaux, si on retrouve nos habituels pique-assiettes, les chocards à bec jaune…

Chocard à bec jaune

chocard à bec jaune // Canon 6D : ISO 200, focale 180mm, ouverture f/3.5, obturation 1/4000

… Cette année j’ai eu la surprise de rencontrer des rougequeues noir (Phoenicurus ochruros). Ci-dessous le mâle.

Rougequeue noir mâle

Rougequeue noir mâle // Canon 6D : ISO 100, focale 180mm, ouverture f/5, obturation 1000

J’ai pu observer un couple chasser les insectes et voleter à distance respectable des promeneurs.

De la même façon que les stries visibles sur ce glacier étaient loin elles aussi…

Stries dans le glacier

Stries dans le glacier // Canon 6D : ISO 100, focale 180mm, ouverture f/7.1, obturation 1250

Bref, une belle balade. Vous pouvez réaliser dans la même journée le glacier et le glacier noir, mais prévoyez beaucoup d’eau dans ce cas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pour valider votre commentaire, répondez à cette question : * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.